PEA vs Compte-titres

Quelle enveloppe pour investir en bourse ?

Le PEA et le compte-titres ordinaire (CTO) permettent tous les deux d'investir en actions et ETF, mais leurs règles — fiscalité, plafond, transmission, mobilité internationale — sont très différentes. Ce comparatif pose les faits sans trancher à votre place : à vous de voir ce qui compte le plus dans votre situation.

Ce qui les distingue

Les deux enveloppes permettent d'investir en actions et ETF, mais avec des règles différentes dès le départ. Le PEA est plafonné à 150 000 € de versements et réservé aux titres de sociétés européennes — via des ETF « synthétiques » (qui répliquent le S&P 500 ou le MSCI World tout en restant éligibles), on peut malgré tout viser une performance mondiale. Le compte-titres n'a aucun plafond ni restriction géographique. Sur les gains, le compte-titres subit par défaut la flat tax de 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux) au moment de la vente — mais ce n'est ni automatique ni systématique : les 18,6 % de prélèvements sociaux sont toujours dus, en revanche la part « impôt sur le revenu » (12,8 %) peut être remplacée par le barème progressif si celui-ci coûte moins cher, sur option annuelle et globale (la fameuse « case 2OP » : elle s'applique à tous vos revenus de capitaux de l'année, pas seulement à ce gain). Le coût réel dépend donc du revenu du foyer et du nombre de parts. Le PEA, lui, ne taxe rien tant que l'argent reste dans le plan ; au retrait, si le plan a plus de 5 ans, seuls les 18,6 % de prélèvements sociaux restent dus — l'impôt sur le revenu est totalement exonéré, quel que soit le foyer.

Ce chiffre de 18,6 % n'a rien d'immuable. À sa création en 1992, le PEA était taxé à 0 % : aucun prélèvement social n'existait alors. Le taux a été relevé par paliers au fil des hausses de CSG — 0,5 % en 1996, 10 % au début des années 2000, 15,5 % en 2012, 17,2 % en 2018, 18,6 % depuis 2026. Le PEA applique un système de « taux historiques » : chaque tranche de gain reste taxée au taux en vigueur au moment où elle s'est constituée, pas à celui du jour du retrait. C'est un vrai avantage tant que le taux ne fait que monter, mais ça illustre surtout que cette enveloppe dépend entièrement de décisions politiques françaises — rien ne garantit qu'elle s'arrête là. Le compte-titres suit la fiscalité de l'épargne en général : pas d'avantage particulier à préserver, donc rien de spécifique à perdre non plus.

En cas de départ à l'étranger, le PEA n'est plus clôturé automatiquement depuis 2019 : il reste ouvert, garde son antériorité, et devient même exonéré de prélèvements sociaux français pour un non-résident — sauf départ vers un pays classé « non coopératif » par la France, où la clôture reste automatique. Le compte-titres n'a pas de frontière fiscale : un non-résident n'est en général pas imposé en France sur ses plus-values de cession. Mais il a un angle mort pratique : certains courtiers ferment les comptes des résidents américains à cause des contraintes de conformité liées à la réglementation FATCA, indépendamment de la fiscalité elle-même.

Au décès du titulaire, le PEA est clôturé automatiquement et, contrairement à l'assurance-vie, ne bénéficie d'aucune exonération de prélèvements sociaux : ils sont prélevés sur le gain avant toute transmission aux héritiers. Le compte-titres bénéficie d'un mécanisme plus favorable : la plus-value accumulée du vivant est purgée au décès — les héritiers reprennent les titres à leur valeur au jour du décès, et ce gain n'est jamais taxé à l'impôt sur le revenu. Dans les deux cas, les sommes transmises restent soumises aux droits de succession de droit commun.

De son vivant, un PEA ne peut pas être donné tel quel : c'est un compte nominatif, incessible, qu'il faut clôturer avant toute transmission — avec perte de l'antériorité fiscale. Un compte-titres, en revanche, peut être donné avec la même purge de plus-value qu'au décès : le donataire repart avec une nouvelle valeur d'acquisition égale à la valeur du jour de la donation, la plus-value du donateur n'étant jamais taxée. Les droits de donation habituels s'appliquent en parallèle (abattement de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans).

La mécanique du retrait diffère aussi. Sur un PEA, la banque prélève directement les prélèvements sociaux au moment du retrait : vous recevez le net, sans démarche à faire ensuite. Sur un compte-titres, vous recevez le montant brut de la vente — c'est à vous de déclarer la plus-value l'année suivante et de payer l'impôt, avec un choix à faire à ce moment-là : rester au prélèvement forfaitaire de 31,4 %, ou cocher la case 2OP pour basculer l'ensemble de vos revenus de capitaux de l'année au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cette option ne change que la part impôt sur le revenu (12,8 %) — les prélèvements sociaux restent dus dans tous les cas — et ne devient intéressante que si votre tranche marginale d'imposition est inférieure à 12,8 %. L'outil plus bas vous aide à trancher selon votre situation.

Simulateur : quel capital net au bout du compte ?

Hypothèse : un placement en ETF capitalisant (pas de dividende distribué), donc aucune taxation pendant la détention, quelle que soit l'enveloppe — seul le régime fiscal au moment de la sortie change. Sur un compte-titres (et sur un PEA retiré avant 5 ans), l'impôt sur le revenu n'est pas automatique : le simulateur retient à chaque fois l'option la moins coûteuse entre le prélèvement forfaitaire et le barème progressif, selon la situation du foyer renseignée ci-dessous. Trois façons de décrire votre situation sont proposées : la valeur actuelle de votre portefeuille (si vous voulez juste savoir combien retirer aujourd'hui), un montant investi en une fois, ou un capital déjà en place complété par des versements mensuels réguliers.

Et si vous retirez chaque année ? (rente)

Reprend le capital et la plus-value calculés au-dessus. Pour un retrait ponctuel unique, renseignez plutôt le montant directement dans le simulateur, juste au-dessus. Ici, on simule des retraits annuels réguliers sur plusieurs années — utile pour une phase de rente.

Faut-il cocher la case 2OP sur un compte-titres ?

Calcul indicatif basé sur le barème 2026 (revenus 2025), hors décote et cas particuliers (contribution sur les hauts revenus, etc.) — à confirmer avec votre avis d'imposition. L'option est globale : elle s'applique à tous vos revenus de capitaux de l'année, pas seulement à cette plus-value.

Faut-il cocher la case 2OP ?

Par défaut, vos dividendes et plus-values hors PEA sont taxés au prélèvement forfaitaire unique (PFU, la « flat tax ») : 12,8 % d'impôt sur le revenu plus 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026 (ce taux est passé de 17,2 % à 18,6 % au 1er janvier 2026, hausse de CSG votée dans la LFSS 2026), soit 31,4 % au total. La case 2OP, sur votre déclaration, permet d'opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu à la place du PFU — pour la totalité des revenus de capitaux du foyer, sans pouvoir choisir ligne par ligne.

Cette option devient intéressante dans deux cas : si votre tranche marginale d'imposition est à 0 % ou 11 % (vous payez alors nettement moins que les 12,8 % fixes du PFU), ou si vous touchez des dividendes, qui bénéficient d'un abattement de 40 % sur leur base imposable — mais uniquement dans le cadre du barème, jamais avec le PFU.

Exemple chiffré (simplifié) : un couple non imposable perçoit 2 000 € de dividendes sur un compte-titres. Avec le PFU : 2 000 € × 31,4 % = 628 € d'impôt et prélèvements. En cochant 2OP : l'abattement de 40 % ramène la base imposable à 1 200 €, taxés à 11 % = 132 € d'impôt sur le revenu, auxquels s'ajoutent 2 000 € × 18,6 % = 372 € de prélèvements sociaux (calculés sur le montant brut, sans abattement) : soit 504 € au total, 124 € de moins qu'avec le PFU. À cela s'ajoute un avantage non compté ici : une partie de la CSG payée (6,8 points) devient déductible du revenu imposable l'année suivante en cas d'option pour le barème.

Un point souvent oublié : si vos titres sont détenus dans un PEA depuis plus de 5 ans, cette hausse à 18,6 % ne vous concerne presque pas — les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu et ne subissent que les prélèvements sociaux, qui restent à 17,2 % pour le PEA (taux figé, contrairement au compte-titres).

Que fait exactement la case 2OP ?

Elle bascule tous les revenus de capitaux du foyer (dividendes, intérêts, plus-values) sur le barème progressif de l'impôt, à la place du prélèvement forfaitaire unique — c'est un choix global, pas ligne par ligne.

Faut-il cocher la case 2OP ?

Cela dépend de votre tranche marginale d'imposition : c'est presque toujours avantageux si vous êtes non imposable ou à 11 %, rarement au-delà de 30 %. L'outil ci-dessus calcule le montant exact dans votre situation.

Quel est le taux de la flat tax en 2026 ?

31,4 % au total pour un compte-titres (12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux, hausse de CSG entrée en vigueur au 1er janvier 2026).

Le PEA est-il concerné par la hausse de CSG de 2026 ?

Très peu : au-delà de 5 ans de détention, seuls les prélèvements sociaux s'appliquent, à un taux figé de 17,2 %, sans impôt sur le revenu.

Peut-on revenir en arrière après avoir coché 2OP ?

Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, non, le choix est définitif. À partir des revenus 2026 (déclarés en 2027), l'option deviendra réversible dans le délai de réclamation classique.

Sources : taux de prélèvements sociaux et barème 2026 vérifiés en septembre 2026 (LFSS 2026, art. 12 ; LégiFiscal ; Meilleurtaux Placement).